SEGAMALOYA

MALOYA héritier du SEGA :

La finalité et l’ambition de cette rubrique est de faire apparaitre le lien historique qui existe entre les termes SEGA et MALOYA.

L’histoire de manière générale est une discipline scientifique sérieuse qui se nourrit de découvertes, d’archives, de traces laissées par ceux qui nous ont précédé, mais aussi de rebondissements, de remise en questions permanentes.

En ce qui concerne l’histoire de la musique réunionnaise, des recherches ont été faites par des spécialistes réputés qui ont donné lieu à des publications dont nous faisons références lors de nos affirmations.

Aujourd’hui au vues des éléments dont nous disposons Laklarté peut dire que le MALOYA est un SEGA. Pourquoi?

Tout simplement parce que ce terme est apparu dans le vocabulaire musical réunionnais au début du 20ème siècle(1921 d’après J-P LASELVE) pour remplacer l’expression » séga des noirs » musique jouée par les descendant de la population servile et héritier du TCHEGA ( ou danse des esclaves venue d’Afrique de L’est).

Deux termes ne veut pas dire forcement deux musiques, pourquoi cette impression?

Éclaircissement:

Toujours d’après les travaux des scientifiques, le TCHEGA ou danse des esclaves est une forme d’expression à base de chant,percussions et de danse présent dans l’archipel des mascareignes avec le début de l’esclavage dans ces territoires.

En ce qui concerne notre ile cela date de la deuxième moitié du 18ème siècle. cette danse qui au départ africaine va se créoliser au contact des autres composantes de la population servile, et va devenir une musique réunionnaise à un certain moment. En lisant bon nombre d’ouvrages, de document faisant références a notre musique y compris l’acte de candidature du MALOYA à L’UNESCO on observe que le terme TCHEGA, s’écrit des fois Tsiéga, SHEGA ou SEGA.

Toujours est-il que jusqu’à peu près 1860 il n’y a pas d’autres changements d’apéllations ou d’autres précisions observées concernant la musique des esclaves.

C’est donc après 1860 qu’apparait une forme d’occidentalisation du SEGA au sein du quadrille. C’est  le début du SEGA salon qui va devenir le SEGA populaire réunionnais.

Le SEGA se scinde à ce moment la en deux  courants qui va s’éloigner de plus en plus chacun de son coté à savoir:

-Un SEGA occidentalisé joué avec l’addition d’instruments européens

-Un SEGA originel joué à base de percussions,voix,danse et héritier du TCHEGA.

Pour ce différencier du SEGA salon le SEGA originel va bénéficier de précisions à connotations souvent péjorative tels que « SEGA pas civilisé » « SEGA malpropre » « SEGA la honte » et enfin « SEGA des noirs ».

Au début du 20ème après la guerre de 14-18 le SEGA occidentalisé va devenir définitivement une danse de salon, influencée par les danses de couple ramenées dans l’ile par les soldats de retour de la grande guerre et qualifié de SEGA braté.

A noter que le banjo( héritier du Banza instrument d’origine africaine) arrive dans la musique réunionnaise aussi à cette époque.

C’est donc au mème moment que le terme MALOYA fait son apparition et va remplacer l’expression « SEGA des noirs ».

A présent et en toute objectivité, en lisant attentivement ce qui se passe à partir de 1860 dans l’évolution du SEGA, il est normal que bon nombre d’acteurs culturels réunionnais perçoivent le MALOYA comme étant une forme d’expression assez éloignée du SEGA d’aujourd’hui.

Mais ce que laklarté veut montrer est très simple à savoir que tout part du SEGA créolisation du terme TCHEGA.  

Ci-dessous un super article réalisé par 7 lames lamer, une recherche approfondie sur le terme SEGA.

161401_7LamesLaMer_SEGA